Le plaisir dans le tir

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Le plaisir dans le tir

Message par MILOUZE le Jeu 22 Oct 2009 - 20:15

Pour faire suite à la proposition de Ballou, j'ouvre ce post en copiant les dernières interventions du sujet "rester en visée après un lâcher".

Milouze :
Le départ du coup doit se faire pendant une période de visée.
On a évoqué supra les différents avantages à cet effort de concentration visuelle :
- analyse des mouvements de l'arme pendant le départ du coup.
- amélioration de la stabilité posturale.
- amélioration du guidage de l'arme.
....

J'ajoute un axe supplémentaire au débat : le plaisir.

Y-a-t-il un autre moteur à notre pratique ? Rares sont ceux qui gagnent leur vie en faisant des trous dans du carton. Pour nous autres, on peut vouloir dépasser ses concurrents, faire mieux qu'au match précédent, se qualifier pour le match suivant, ...

Toutes les motivations sont bonnes dans la mesure où elles fonctionnent. Mais LA motivation dans l'espèce humaine, c'est la recherche du plaisir. Sans orgasme, point de reproduction probablement.

Interrompre sa visée, c'est un peu le coitus interruptus.
Alors que poursuivre sa visée, c'est inscrire dans son cerveau, à chaque bonne balle, le plaisir ressenti et les moyens d'y revenir.

Et c'est ce dernier point qui est la clef de voute du processus d'amélioration de la performance dans notre domaine.



Réponse de Ballou :

Le seul problème c'est que souvent, une performance s'obtient avec de l'effort et de la souffrance pendant un match.
Le plaisir c'est souvent après si la perf a été bonne. Bien sur, c'est différent en fonction du niveau de la compétition. Mais à partir du moment ou il y a un enjeu et du stress pour le tireur, c'est très compliqué de prendre du plaisir pendant un tout un match.


Réponse de Milouze :

La souffrance n'est pas, à moins d'une pathologie psychiatrique, une motivation en soi.

L'effort lui est effectivement nécessaire. Mais ce qui permet de mettre en oeuvre cet effort, c'est le plaisir attendu au bout.

Cette "controverse" sur plaisir ou effort pour faire une performance est un non-sens. Les deux éléments sont intimement liés. Mais le moteur pour faire l'effort, c'est le plaisir.

Pas de marathoniens sans endorphines.

En effet, un des tropismes chez l'être humain c'est la minoration de l'effort au niveau le plus faible permettant d'accomplir la tâche. Et dans notre domaine, c'est un facteur limitant. L'exemple type c'est le match anglais. Faire un 10 est "facile", mais faire l'effort pour en faire plus de 50 dans son match, ça demande une forte motivation.

Il faut analyser cette notion de plaisir sur deux échelles : celle d'une balle et celle d'un match.

A l'échelle d'une balle, c'est un plaisir très individuel et très "absolu". On "construit" parfaitement un tir, la balle est perçue comme "top". C'est un plaisir très intérieur qui peut s'inscrire dans notre cerveau 10 ou 20 fois par match.

A l'échelle d'un match, on peut faire un beau tir. Mais entre alors dans la composition du sentiment de plaisir des facteurs extérieurs : sa performance par rapport aux autres, par rapport à un score qui ramené à certains aléas ne veut pas dire grand chose, par rapport à une qualification.

C'est un plaisir "moins absolu" à mon sens. Et probablement moins productif car on ne le retrouve que quelques fois dans la saison dans le meilleur des cas.

Pour remettre du charbon dans la chaudière et faire ce fameux effort, rien de tel que le plaisir d'une belle balle bien construite toutes les 3 ou 4 balles.


Réponse de Le Sergio :

J'aurai tendance à être d'accord avec Bertrand

Les rares fois, et considérant mon niveau, ou j'ai tiré de gros scores, j'ai du à la fois me faire violence intellectuelle et physique.
Certes, j'ai pu éprouver cette fois la de la facilité à reproduire le bon coup pendant le match, (et c'est parfois déconcertant), mais en terminant à la fois vidé mentalement, et tout de même un peu mal partout.
Le plaisir vient progressivement par vague quand on analyse le match, (à l'issue à chaud, 2 heures aprés, une demi journée aprés, le soir en se couchant...), successivement. C'est la je pense que l'on mesure l'effort que l'on à fait et le contentement que l'on en retire, (n'avoir rien laché...).

Et sur ce que tu dis en dernier MILOUZE, '' une balle sur 4 ou 5'' l'appréciation, la notation, le jaugeage mental, (appelons ça comme on veut...), sur chaque coup, (ce qui est du reste le but ultime de la tenue aprés le laché), permet d'annoncer mordicus des dix ''plein pot'', car toute la séquence de A à Z nous semble, et à été, parfaite. Mais bon, les '' dix merdiques '' et mal construits entre chaque '' bonne balle '', on les prends quand même...


Réponse de Ballou :

Ou y a t'il une controverse ? Je n'ai pas dit que la souffrance était une motivation...
A un moment donné il faut être objectif et surtout l'avoir vécu !

Que ce soit en tir mais aussi lors d'un marathon, puisque tu cites cet exemple, je n'ai pris aucun plaisir pendant un marathon ou pendant des championnats d'Europe ou du Monde de tir par exemple.
J'y est beaucoup trop souffert sur le moment pour prendre le moindre plaisir. De plus tu es obligé d'être super attentif et très concentré et de ce fait tu perds un peu de feeling au niveau de cette sensation de plaisir.
Bref en clair tu as bien d'autre choses à gérer pour te dire : ouhaou...c'est super je me fais super plaisir !

Encore une fois, c' est extrêmement compliqué de prendre du plaisir pendant tout un match dans un contexte difficile.

C'est beaucoup plus facile lors d'un championnat départemental ou un challenge.
Mais tout dépend du niveau du tireur. Pour certains les départementaux c'est leur championnat d'Europe en quelque sorte...
Je te rejoins cependant concernant les 2 échelles. Effectivement un bon tir peut entretenir la motivation pendant une compétition et peut remettre un tireur sur les bons rails. Mais c'est effectivement un plaisir très ponctuel et éphémère, car il faut immédiatement se projeter dans le tir suivant.

Cependant je pense que nous sommes hors sujet qui est : rester en visée après un lâcher.

Maintenant, si tu veux continuer ton discours sur la motivation, le plaisir ou autre, pourquoi ne pas ouvrir un post dédié ou chacun pourra apporter son expérience ?

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Le Sergio le Jeu 22 Oct 2009 - 20:27

Sur le sujet précisement :

J'en parlais avec Shpol il y encore peu, c'est l'essentiel de ma motivation à continuer le tir à présent : LE PLAISIR
Ou plus exactement la recherche du plaisir.
Mais bon, assez curieusement le condensé de vos 2 interventions se mèlent dans ma réponse.
C'est vrai que comme tu le dis MILOUZE la balle '' référence '' qu'on aimerait faire et refaire à l'envie, (jr n'ai pas dis un 10), j'ai bien dis the balle, celle dont la construction jusqu'à reposer la carabine, nous semble parfaite tant on a mis bout à bout ce qu'il faut pour la faire. Cette manière de faire la, pour moi c'est du plaisir. Ca, c'était pour le plomb.

Pour le match de 60 plomb, je l'ai esquissé plus haut, personnellement quand j'en ai bavé en match : le score est bon et plutôt flatteur.
Dedans il y a forcement pas mal de 10, dont des '' balles référence '', mais si dans le global du match j'ai le sentiment de bosser, et de ne pas bien peser le plaisir de sa construction quand ca va bien c'est je pense, que je n'ai pas les clefs pour le gouter coup apres coup. Je considère, mais la c'est je pense une question de niveau / tir, que le contenu d'un match plein, (autant que faire se peut), devient une affaire sérieuse et cela oblitère pour moi la perception du plaisir.

Je confirme donc que pour moi, un bon match c'est un gros effort de volonté, (que je ne suis pas hélas enclin à vouloir / pouvoir fournir souvent), et que j'en sort avec un mental lessivé et un physique en berne.
Mais, dés la carabine reposé, c'est progressivement ce fameux plaisir que j'ai du mal à ressentir pendant le match qui vient petit à petit et me recompense de mon boulot, (est ce le bon mot ?).


Dernière édition par Le Sergio le Jeu 22 Oct 2009 - 21:46, édité 1 fois
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par MILOUZE le Jeu 22 Oct 2009 - 20:30

Ballou, sur la souffance, je me permets de te proposer une modification de tes propos en écrivant ainsi : une performance s'obtient avec de l'effort et malgré la souffrance pendant un match.

La souffrance n'est pas utile à la performance. Elle est même normalement nuisible à la performance. Sinon pourquoi faire du travail foncier couché ou genou pour moins souffrir.

Je sépare l'effort de la souffrance. L'un est choisi, l'autre est subi.

Mon propos est de dire que l'effort et le plaisir sont liés.

Si l'on exclu les rares "professionnels" du tir, la motivation principale des auditeurs de notre forum, c'est se faire plaisir en réalisant les performances que nous attendons, chacun à son niveau.

Alors oui l'effort est nécessaire, c'est indiscutable mais c'est l'espoir du plaisir qui nous guide et nous rend cet effort acceptable.

Alors sur les deux échelles que nous avons évoquées, c'est probablement une affaire personnelle. Pour ma part, je suis particulièrement motivé par la belle balle. Sans avoir de regrets sur mes matchs, ayant mis les efforts nécessaires, je garde facilement un oeil critique sur des détails au sein de la globalité.

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Invité le Jeu 22 Oct 2009 - 20:50

Ah ben çà c'est un sujet passionnant et il y a tellement à dire.

Personnellement, je suis plus en accord avec ce que dit Milouze.

Souffrance du travail réalisé en position, mal de dos avec le travail de position, souffrance moral lors d'une prestation malheureuse, d’un match mal engagé, mais aussi plaisir de la seconde pendant laquelle on a emmené le projectile dans le dix, de la performance imprévue, de l'objectif atteint. Il est vrai qu’il faut pas non plus confondre effort et souffrance.

Bref on a mille et une façons d'être heureux ou malheureux dans notre tir, mais de là à en faire une règle définie, je ne crois pas qu'on puisse cataloguer notre pratique du tir comme une souffrance, et je m’y refuse catégoriquement (en tout cas, çà doit rester une situation isolée et exceptionnelle).
La plus grande souffrance pour moi et l'impossibilité d'exprimer son potentiel, à cause de non connaissance d’un problème chronique ou d’une situation instable qui engendre une perte de moyen. Tout cela se gère, mais avec beaucoup d’efforts et donc, parfois souvent de souffrance. Certains ici ont assisté à ma fin de match à Chambéry, ce fut une terrible punition mais on doit se reconstruire, justement parce qu’il y a LE moyen et LE remède pour parvenir à gérer tout çà (je ne dis pas que j’ai trouvé le solution mais j’y travaille beaucoup)
Par contre, il est vrai que les grands moments peuvent être imprévisibles, j’ai battu mon record à l’entrainement, seul, un soir ou le seul endroit ou j’avais envie d’être était le stand de tir, j’ai sorti un 584 dans un état que je rêve de reproduire aujourd’hui, aucune souffrance mais une inspiration et une lucidité incroyable, jamais reproduite depuis.
A plus petite échelle, lorsque je « pose » ma carabine sur le visuel, que le « non commandé » appuie sur la queue de détente et que j’accompagne le coup jusqu’au dix, c’est un grand moment de bonheur, et je ne souffre pas pour obtenir cela, c’est tout l’inverse, la souffrance est souvent à l’origine d’une patate, justement parce que je ne suis pas en phase.
Ma vraie grande souffrance, ce serait de savoir que je ne pourrai plus vivre « intensément » la construction de belles choses. Et pour le moment, je suis persuadé que tout est possible, je pense que la réussite se gère, à condition de connaître ses limites, car l’orgueil démesuré peut conduire à la souffrance. il faut garder les pieds sur terre pour tracer son chemin mais si par bonheur on peut encore aller décrocher des étoiles, çà ne peux qu’apporter une immense joie.


smwink

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par pilpous le Jeu 22 Oct 2009 - 21:29

bonsoir !

Le plaisir de chacun reste très personnel je trouve, voici ce que peux dire à ce sujet. Quelques personnes s'y retrouveront sans doute...

Personnellement, c'est faire une construction parfaite, le résultat étant un 10 à l'arrivée...

Il est jubilatoire -à mon sens- d'avoir une stabilité parfaite pendant un petit instant (qui semble être une éternité), les organes de visée parfaitement centrés sur le visuel.
=> D'ailleurs, quand ça arrive, parfois, j'admire ce centrage plutôt que de finir le lâcher (et je m'en veux après lol).

Debout ou genou, il est également jubilatoire de ressentir le départ du coup qui fait reculer le corps parfaitement dans l'axe de la cible, un peu comme un ressort.
Ca m'arrive même parfois à 10m (mais beaucoup plus finement quand même)...

Couché, je jubile quand je comprends ce qui se passe avec le vent et que j'arrive à "jouer" avec (ça m'est arrivé 1 fois ou 2).
Mais je ne suis pas un fan du couché, je n'ai jamais bien compris les raisons de tous ces 9 (mes "efforts" ne sont pas toujours récompensés, j'aime pas ça)...

Et un peu de fierté quand le résultat, à la carabine, est un 10.9 (que je trouve toujours impressionnant, avec ce découpage laissant un petit liseré noir entre la zone du 9 et le trou du plomb...)

Le fait de reproduire ça en match apporte à mon sens une satisfaction personnelle, peut être le fait de se dire "moi aussi je peux le faire", et le fait de se dire que son travail est sanctionné par un résultat, et me donne toujours une barre à dépasser.
Parfois même, on prend du plaisir durant un match pourri, juste parce qu'à un moment, on aura fait quelques jolis dix bien construits...

Et quand on fait mieux qu'un copain (de niveau équivalent), ça fait toujours plaisir également :-)

Et puis après, il y a quelques grands moments inoubliables, comme des records battus, ou un merle qui se pose sur bout du canon quand on est en position de tir (véridique...)

Voila un résumé de ce qui me fait plaisir dans l'acte de tirer un plomb/une balle...

Quant à cette notion de "souffrance" qui est évoquée, je le comprends dans le sens "effort", la matière première d'un travail bien fait...
La seule souffrance physique, c'est le genou (en se relevant uniquement...) ou encore un jour au 3X40, j'ai porté l'arme car ma bretelle s'était décrochée... Ca a foutu en l'air mon debout (mal de bras), mais un très bon genou m'aura fait relativiser :-)
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par CHARLIER le Jeu 22 Oct 2009 - 22:40

La souffrance peut apporter de la performance et ..du plaisir..
Je peux vous le garantir et ce, sans être maso !!!

Il est possible de très bien tirer dans la douleur où en étant malade par exemple, la recherche de la perfection et la concentration sur un CE ou CM par exemple dépasse la souffrance et permet d'être "fort".

Je peux vous garantir également qu'il n'y a pas de gros matchs dans la facilité, dans ce cas vous n'étes pas assez vigilant...

Il faut rendre le tir "simple" sans oublier que c'est difficile et qu'il faut souffrir pour arriver au top.

La souffrance peut aussi bien être physique que mentale..les remèdes sont identiques: ne pas s'écouter, ne pas se regarder le nombril, souffrir en silence et rechercher la perfection technique en allant des fois simplement à l'essentiel mais en mettant toute vos capacités du moment!!!

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Gib le Jeu 22 Oct 2009 - 22:46

Il y a aussi d'autres moteurs, la fierté, l'ambition, ...
Mais avant tout c'est un combat contre soi même.et les façons de l'aborder doivent être propres à chacun d'entre nous pour avoir le plaisir d'une victoire sur soi et ses travers.
Je ne sais pas si il y a de la souffrance mais une grosse bataille contre la lassitude et la fatigue. Faire preuve de maitrise n'est pas toujours facile. Certain retiendront en fonction de leur niveau, un bon geste, plusieurs, une majorité, ... que des bons gestes et chacun y trouvera son plaisir. Pas toujours sur le coup, mais un peu après lors d'une analyse globale car souvent au bout du match, la déception est palpable quelque soit le résultat, il y a toujours à redire.
Après il y a le problème de l'investissement personnel qui peut être discuté, bien fait il sera source de plaisir, mal fait ... et ce n'est pas facile de savoir dans quelle direction le faire. Pour les "grosses" pointures, les entraineurs sont là pour les aider, pour nous c'est l'expérience personnelle que l'on est pas bien capable de juger.
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Le Sergio le Ven 23 Oct 2009 - 8:27

J'aime bien ton analyse Philippe thumright
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Ballou le Ven 23 Oct 2009 - 8:57

Eh bien tous les posts sont intéressants. Chacun à sa propre sensibilité et sa propre analyse.

Bien sur au départ on fait tous du tir parce que l'on aime ça. Et c'est évident que le plaisir est le carburant du moteur.

Ceci étant dit, le plaisir de tirer, d'avoir une bonne image, une bonne annonce et de bons enchaînements, toutes ces choses qui apportent au tireur une satisfaction personnelle et du plaisir ne peuvent malheureusement pas être ressenties dans toutes les situations.
A l'entraînement c'est facile, mais dès qu'il y a de la tension c'est plus compliqué.
Même si on peu parvenir à des moments de plaisir très éphémères. Mais le coup suivant est déjà là...et il faut tout de suite se projeter vers celui-ci.

Eric a dit :
"Ballou, sur la souffance, je me permets de te proposer une modification de tes propos en écrivant ainsi : une performance s'obtient avec de l'effort et malgré la souffrance pendant un match".

Ca me convient tout à fait ;-)

Bye
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par nezdeboeuf le Ven 23 Oct 2009 - 13:00

Ah le plaisir:

Le plaisir d'enchaîner 3 matchs à gros points
Le plaisir de la symétrie, le 10.9

Et surtout, pour moi qui suit paresseux, le plaisir du dix facile: on épaule, respire, entre en cible, stabilise, bling, ça continue de ne pas bouger, on pose... tout ça sans effort, impression que rien ne peut vous arriver...et puis on recommence, 5 fois, 10 fois parfois 15 fois de suite avant le premier 9 et puis le "pourquoi", les doutes évaporent les certitudes et puis faut faire des efforts...berk

Autre forme de plaisir, quand j'arrive à mettre ma paresse au placard, réussir à garder sa concentration jusqu'au bout, être capable de comprendre tous ses neufs et savoir corriger l'erreur le coup d'après.
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par CHARLIER le Ven 23 Oct 2009 - 21:22

Dans la pratique, je connais un peu...donc je sais de quoi je parle thumright

Je peux même différencier la souffrance lors des entraînements et celle des matchs levitation1 ..

Lors des entraînements, par exemple sous les tôles avec 35° au mois d'août, pendant 4h minimum, chaque jour...puis une fois les affaires séchées, plus de 2 heures au 10 mètres...là tu souffre, mais je prenais du plaisir et je savais pourquoi je me préparais...pour avoir du plaisir mais plus particulièrement après l'objectif, lorsque celui ci est atteint !!!..

Le plus dur c'est si tu foires ton coup, la c'ets dure à avaler...tu te poses la questions sur tous ces sacrifices pour rien...si cela vaut la peine de continuer dans cette voie....

Alors moi je dis que le "matcheur de HN", ne tir pas spécialement pour le plaisir mais parce-qu'il aime "se mettre minable" à l'entraînement et se dépuoiller dans les matchs pour reproduire ce qu'il a travaillé lors de la préparation!!

Le plaisr, oui il y en a, mais sa durée est beaucoup plus courte...car il faut sans cesse remettre "l'ouvrage sur le métier"...retourner au cahrbon..car réussir une fois c'est bien, deux...c'est pas mal, mais être régulier au "top" des années durant....c'est une fois que tu as arrêté que tu prends du plaisir en repensant a ce que tu as réalisé toutes ces années..

Il est certain que tous les tireurs ne peuvent pas avoir "ces sensations" et que pour 99.9%, seul le plaisir de tirer à son niveau est source de motivation..et c'est déjà pas mal thumright

Philippe
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Invité le Ven 23 Oct 2009 - 23:15

bonsoir à tous,

Je tiens à vous faire part de mon regard sur le débat ainsi que sur le fond.

sur le débat:
Je vous imagine tous au "bac Phylo" entrain de plancher sur le sujet:
" différence ou interdépendance entre souffrance ou plaisir "

Pour mettre une note d'humour, je suis étonné de ne voir aucune voix féminine intervenir sur ce débat. Leur plaisir serait il simulé?
Si tel était le cas, je préconise que la gente féminine n'ait pas accès aux simulateurs de tir. toutrouge

Sur le fond :

Un intervenant me comprendra, si je fais référence à un livre intitulé: "Le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc".

C'est la réalisation de soi qui est le moteur. Pour l'atteindre, nous devons impérativement passer souvent de façon alternée par des phases de souffrances , suivie de phases où le plaisir est présent. La réciproque étant aussi vraie.

a titre d'exemple, combien d'entre nous n'ont pas éprouvé un grand bonheur à quitter une paire de chaussure neuve. Ceci étant, nous avons éprouvé un autre type de satisfaction lors de son achat.entre ces deux périodes s'est située la phase d'apprentissage qui au fil du temps devenait de plus en plus douloureuse. mais ces chaussures au final sont devenue très confortables.

J'ai apprécié le commentaire de Philbix à un détail près.

Le 10.9

En effet, pour moi, le 10.9 me semble être plus lié à un phénomène de hasard, car le réglage de nos armes que nous peaufinons au cours des essais d'avant match n'est pas certifié être sur le 10.9.
Si vous avez l'opportunité de vous tester sur un simulateur de tir (non, pas vous Mesdames), vous verrez que vous n'avez pas une stabilité absolue.

Pour conclure, je félicite tous les intervenants pour leurs regards et leurs expressions sur ce sujet qui, j'en suis certain, nous amènera tous à réexaminer avec plus d'humilité sur nos certitudes .


smwink

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par MILOUZE le Ven 23 Oct 2009 - 23:41

Que de belles pages écrites par Eugen Herrigel :

"Enlevez donc de votre esprit cette préoccupation des coups au but. Même si tous vos coups n'y atteignent pas, vous pouvez devenir un Maître de l'arc. Ceux qui portent là-bas sur la cible ne sont que preuves et confirmations de votre vacuité totale d'intention, de votre dépouillement du moi, de votre absorption portée au maximum, de quelque façon qu'il vous plaise de nommer cet état là."

"Plus obstinément vous persévérerez à vouloir apprendre à lâcher la flèche en vue d'atteindre sûrement un objectif, moins vous y réussirez, plus le but s'éloignera de vous. Ce qui pour vous est un obstacle, c'est votre volupté trop tendue vers une fin. Vous pensez que ce que vous ne faites pas par vous-même ne se produira pas."

C'est une très belle image pour la nécessaire part d'automatisation du lâcher

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Invité le Ven 23 Oct 2009 - 23:57

Salut Philippe,

Je peux comprendre que tu parles de souffrance quand tu t'entraines dur, mais je considère plus cela comme un effort, un gros effort bien pénible qu'on accepte malgré tout car on sait très bien qu'il faut en bouffer pour espérer atteindre le haut niveau mais j'appelle plutôt çà le goût de l'effort. Une souffrance admise et volontaire n'est pas une souffrance.
La souffrance ne se choisie pas, elle se subit (d'accord avec Milouze sur ce point). A moins d'être coaché au fouet (comme cela existe malheureusement parfois dans le sport), nous sommes libres de souffrir ou non de notre pratique sportive (sauf blessure bien entendu).
A l'époque ou je me tapait du genou pendant 2 heures devant la télé, ou comme toi des séances d'entrainement de 3 ou 4h après le boulot, oui je peux dire que j'en bavais, mais j'aimais çà.
Sans connaitre la réussite, on peut malgré tout être très investi dans son entrainement et se mettre des coups de pied ou je pense, mais la souffrance, c'est un autre sujet.
La première vraie souffrance que j'ai connue dans le tir a entrainé un arrêt pur et simple pendant des années.
Aujourd'hui, cette souffrance ne m'a servie à rien, elle m'a privée de ma passion pendant 10 ans, mais même avec l'age, j'ai maintenant au moins autant de détermination sauf que mon approche se veut différente. Je n'ai pas voulu céder à la dernière en date (que tu connais) car pour moi, aimer et prendre du plaisir de faire (même avec de gros efforts), est la meilleure motivation, alors je ne cèderai pas cette fois.
La souffrance, nous la voyons tous les jours autour de nous, mais elle est souvent loin des stades (En dehors de l'exemple que tu cites, quand des années de travail acharnés se défilent sous tes pieds le jour du grand rendez vous et qui peut conduire à une grande souffrance morale).

J'ai beaucoup d'estime, de respect et d'admiration pour les sportifs qui se battent et donnent toute leur énergie pour atteindre le plus haut sommet, mais comme tu l'as compris, je tenais à relativiser le terme "souffrance" dans la pratique sportive.

Milouze, James, merci de citer cet ouvrage en référence, c'est ainsi que je me représente le tir.

Amicalement
Shpol

smwink

Alors j'ai combien pour ma note de philo pleure

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Le Sergio le Sam 24 Oct 2009 - 8:31

Je pense à ce que disait Philippe un peu plus haut, je suis dans les 99,5% et voila comment j'analyse froidement mon rapport au plaisir / tir en ce moment.

De la même manière que chacun d'entre nous vient chercher une forme de réalisation de soi dans le tir, et plus précisément dans la compétition; nous ne sommes pas enclin à mettre en oeuvre la même dose d'effort, souffrance, hargne, appelez ça comme vous voulez, de manière à parvenir à la plénitude. Comme tu l'a sous entendu tout le monde n'est pas capable de taper dans la butte pour parvenir en haut, et c'est vrai tant le principe de l'égalité des chances est une vaste connerie.
Pour mon cas, je cherche le plaisir qui devient trés ténu, voir inexistant même quand ça va bien. Pour parler franc je me botte le cul depuis une ou 2 saison pour continuer à tirer.
Curieusement, je n'ai véritablement du plaisir en tir qu'à l'arbalète 30m, ou je fais ce que je peux dans une discipline relativement nouvelle pour moi.
Personnellement le tir en compétition m'a épaulé considérablement dans une activité professionnelle ou les rapports houleux et les conflits sont monnaie courante.
Le fait d'aller matcher me permettait, (m'a permis), de rester mordant et compétitif dans mon job pendant pas mal d'année. Je peux vous dire que le plaisir je le trouvais dans la réalisation au boulot, (si, si), et bien sur dans le tir. L'un servait l'autre et vice-versa.
J'en ai tiré de la confiance de soi, voir même un certain culôt qui m'a servi longtemps dans des phases de négociation.
Mais, bon suite à un changement radical d'orientation et de politique de mon entreprise, on ne me demande plus cette performance..., et ce couple, cette manière de fonctionner, ce plaisir commun et partagée entre milieu professionnel et sportif n'existe plus.
Hé oui, je suis devenu SENIOR en entreprise..., j'ai passé la main.
Je m'évertue donc à faire comme si, mais le moral de junior, la gniak, le goût de l'effort et le reste en à pris un sérieux coup dans l'aile.
Le tir n'y ai pour rien, je me rend compte que ma construction n'était pas idéale, je le regrette.
Je recherche donc à présent le plaisir, pour le plaisir sans prise de tête philosophique. J'espère en conserver suffisament de manière à avoir envie de prendre encore quelques temps le chemin du stand.
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par CHARLIER le Sam 24 Oct 2009 - 10:20

Il est bien entendu qu'il y a "souffrance" et " souffrance" ,
d'ailleurs la médecine a établie une echelle de " la douleur" qui va je crois de 1 à 10...

Je fais moi aussi la différence dans cette échelle mais je peux vous assurer que tirer à 30 m 1 mois après une fracture du sternum parce-qu'il n'y avait pas de passe droit ( même en étant champion d'Europe en titre) pour les séléctions, c'est de la souffrance...tout comme tirer avec une tendinite de Quervin, poignet immobilisé proche de l'opération, ou le poignet cassé(finaliste arbalète) voir 4 côtes cassées ....

Personne ne m'obligeait bien sur, mais "l'amour" du tir guide les choix et fait endurer beaucoup de choses...

Il y a bien sur d'autres types de souffrance dans la vie et il est évident que ce n'est pas comparable avec la souffrance sportive.

Pour ma part, je ne passe pas l'épreuve philo du bac, je parle juste du vécu d'une carrière...

En ce moment, je peux même vous parler de la "souffrance"ou" douleur" de se voir moins performant .....

Philippe
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par erik le Sam 24 Oct 2009 - 13:30

ça doit être un cap vraiment difficile a passer
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Le Sergio le Sam 24 Oct 2009 - 15:33

Oui je me souviens t'avoir vu à un France avec un plâtre Philippe; 1998 ou 1999 ?
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Invité le Sam 24 Oct 2009 - 15:59

C'était un clin d'oeil, je ne passe pas bon plus mon bac de philo, mais le sujet est quand même très orienté dans cette voie et c'est difficile d'écarter cette notion d'un débat comme celui là, et si cela fait partie de notre vision des choses ou de notre "bagage", pourquoi ne pas le dire. L'ouvrage dont parle James a bouleversé ma vie de tireur (sans parler du reste) alors il n'y a pas de raison de ne pas le mentionner.

Ce que je dis est aussi un vécu, sans prétention, partage d'une passion de tireur "amateur" et d'expériences personnelles. Loin de moi l'idée de donner une leçon sur la manière d'aborder telle ou telle chose, je m'exprime selon mon ressenti, je ne calcule pas, ni ne cherche à faire de démonstration philosophique quelconque.

A mon age, je pourrais être amer de n'avoir pas concrétiser mon rêve de tireur, mais je le vis différement, maintenant, mon rêve s'est adapté, mais toujours présent.
Se sentir "exister" ou se chercher le moyen de "controler sa vie" à travers le tir est devenu un besoin, l'atteindre me donne un bonheur immense, et le moyen de trouver un sens à la vie. Aujourd'hui, c'est ce que je recherche avant tout, et je compte bien y arriver.
Il y a une grande différence entre nos deux vécus Philippe, tu as vécu une carrière de grand tireur (et je t'assure que j'ai un grand respect pour toi), moi pas, alors le plaisir de la réussite, je n'y ai pas encore gouté.
Je me dis que j'ai peut être encore le moyen de faire quelque chose, mais il n'y a pas de temps à perdre. Et si la reconnaissance ne vient pas, j'espère au moins réussir à vivre le tir selon selon mon rêve.
Si on a le plaisir de se croiser, je suis persuadé qu'en quelques mots tu comprendras ce que je cherche.

Amicalement
Shpol

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Le Sergio le Sam 24 Oct 2009 - 16:07

Shpol,

Je me suis laissé dire qu'il y avait une réserve de plaisir du côté de FRANCONVILLE. Ca tombe bien, j'ai retrouvé un peu d'envie grace à mon pote de QUINCY .

On va à la chasse au plaisir demain matin !

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Re: Le plaisir dans le tir

Message par tir38 le Jeu 17 Déc 2009 - 15:39

"Mais LA motivation dans l'espèce humaine, c'est la recherche du plaisir" c'est tres bien dit
se depasser soit même...depasser ses propres limites au dela de son corps, de sa respiration, de sa concentration
la satisfaction du 10 à la carabine quand il est annoncé
puis le plaisir avec les autres
par la fierté de depasser l'autre sur un match complet encore un autre plaisir, un aboutissement au challenge
quand je tirai en 1985 en categorie junior nous étions deux à nous partager la premiere ou la seconde place en competition. la jubilation d'être premiere...
aujourd'hui le plaisir pour moi de retrouver toutes ses sensations ..
puis le regard des autres car dans un milieu encore tres masculin il faut toujours prouver que l'on peut faire encore mieux alors quel plaisir quand on y parvient
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Re: Le plaisir dans le tir

Message par Myszko le Jeu 17 Déc 2009 - 16:06

tir38 a écrit:puis le regard des autres car dans un milieu encore tres masculin il faut toujours prouver que l'on peut faire encore mieux alors quel plaisir quand on y parvient

Je suis d'accord avec vous!
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